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Association des Artisants Laviers & Muraillers de Bourgogne - Pierres qui roulent, notre bulletin d'information.

Saison 9 / L'Hiver - Edito

L’hiver se vit de l’intérieur.
Cette saison nous invite à l'introspection, à l’élaboration d’un vœu, d’une action future.
La sève des arbres, en attente dans les racines, se prépare pour un nouvel élan.
Sous l’action du froid et de l’humidité, le tégument de la graine s’altère progressivement.
Ainsi, sous l’influence croissante de la lumière, mais de façon encore invisible, la nature élabore le geste de la saison à venir.
Ce geste, la pierre aussi le prépare.
De génération en génération, le geste travaille la pierre et tous deux apprennent de cette relation.
Par empirisme, par transmission, l’apprentissage du geste traditionnel et de son corollaire la méthode, permet de découvrir, de pratiquer un savoir-faire ancestral.
La pierre, matériau des origines, traverse le temps et nous annonce la saison des rencontres à venir.

Bonne lecture.


Un geste à venir /1 :
Stage de formation initiale à la technique "pierre sèche"

La maçonnerie à pierre sèche (sans mortier liant), technique millénaire, s’intègre dans la nature et la respecte.
C’est une technique de construction fiable et pertinente, économique, écologique et esthétique.

Nous organisons des stages de formation initiale au Domaine St-Laurent près de Cluny
(Saône-et-Loire) depuis 2009.
C’est ainsi qu’une cinquantaine de stagiaires ont découvert ou approfondi ce savoir-faire.

Particuliers souhaitant acquérir des bases solides avant d’attaquer un chantier personnel,
professionnels du bâtiment ou des espaces verts désireux d’enrichir leurs compétences
ou amoureux du patrimoine souhaitant mettrent "la main à la pierre", les profils et motivations sont divers et provoquent toujours de riches interactions.

La technique "pierre sèche" requiert patience et persévérance, sollicite le regard et l’intuition du geste comme l’illustre cette parole d’un stagiaire :
« En fait, au bout d'un certain temps, c'est la main qui m'apprend. »

Le prochain stage se déroulera du 23 au 26 avril.

RENSEIGNEMENTS, TARIFS, INSCRIPTIONS


Un geste à venir /2:
Stage de formation initiale à la mosaïque traditionnelle
avec Aurore Laty


« J'ai suivi une formation à la mosaïque traditionnelle durant trois ans en Italie, à la Scuola Mosaicisti del Friuli.

L’enseignement y est complet : du travail de copie à l’identique de la mosaïque romaine à l’expérimentation de la mosaïque contemporaine.

Installée depuis 2008, je propose mes créations sous formes de tableaux et réponds également à des commandes diverses, publiques ou privées (aménagements urbains, projets artistiques,...).

J’emploie des marbres, des terres cuites, des galets et accessoirement d’autres matériaux naturels comme le bois flotté.
J’utilise également les émaux de Venise qui sont de véritables trésors pour les mosaïstes, autant par leurs gammes de couleurs que par la lumière qu’ils dégagent.

Chaque mosaïque a son propre rythme, sa propre mélodie.
Quand je commence une mosaïque, je cherche ce rythme et au fur et à mesure que je le perçois, je le suis et reste à son écoute.
Le geste de la marteline donne la cadence et comme une danse, les tesselles s’accordent pour former un ensemble cohérent et harmonieux.
Chaque tesselle étant la partie d’un tout, chacune à son importance et participe à l’équilibre général de la composition.

En répétant ces gestes exécutés depuis l’Antiquité, je me sens reliée à l’histoire de l’humanité, ce qui me rend fière de pratiquer cet art et m’incite à le partager. »


Aurore Laty, mosaïste professionnelle

Le stage de formation initiale à la mosaïque traditionnelle se déroulera du 23 au 26 avril prochain au Domaine St-Laurent.

L’objectif est d’acquérir les bases de la technique de la mosaïque traditionnelle.

Le support pédagogique consiste en la réalisation d'une mosaïque en matériaux naturels (marbres, pierres, galets, terres cuites...) de forme carrée ou circulaire (env. 65 cm de côté ou de diamètre) sur un panneau de contreplaqué.

Cet exercice permet de répondre à un apprentissage complet : élaboration du projet, sélection des matériaux, règles de l’espace chromatique, taille des tesselles à l’aide de la marteline et du tranchet, pose des tesselles.

Selon la forme des tesselles, différents types d’appareillages ou « opus » existent.
Chaque type d’opus permet d'exprimer une texture, un mouvement ou au contraire la neutralité d'une surface.

Ce stage permet de se familiariser avec différents opus et de les mettre en œuvre à la façon d’un « patchwork ».

Cette mise en œuvre permet d’aborder la technique de la mosaïque à travers son histoire, du style romain jusqu’à nos jours.

A la fin du stage, chaque stagiaire repart avec son tableau.

CONVENTION DE STAGE
(programme complet, tarifs, renseignements complémentaires)


BULLETIN D'INSCRIPTION



Photo du haut : Aurore Laty. Taille des tesselles à l'aide de la marteline et du tranchet.

Photo du milieu: Aurore Laty. Détail du tableau "L'orée des bois", 34X26 cm, marbres et galets.


Le geste empirique du murailler

Le geste, dans sa définition, désigne le mouvement du corps, et particulièrement des bras et des mains comme le précise la racine latine gestum, forme nominale de gerere qui signifie "porter".

Dans le passé, le murailler se distinguait des ouvriers de la construction (tailleurs de pierre, maçons, charpentiers) dans le sens où la pratique n’était pas régie par des codes professionnels, des hiérarchies ou encore la supervision d’un maître d’œuvre.

On était alors dans le contexte d’un travail agricole ou cantonnier qui participait à la nécessité d’aménager un espace selon des critères socio-économiques déclinés en différents gestes: délimiter, clôturer, protéger, soutenir, contenir, retenir, drainer, stocker, diriger.

Même si l’opérateur n’était pas un professionnel (dans le sens de "membre d’une profession"), il était en capacité de reproduire des gestes techniques, des méthodes inscrites au fil du temps et ainsi d'élaborer un "savoir-faire".

Si nous prenons l’exemple de l’indispensable liaisonnement, par boutisses traversantes, des parements d’un mur de clôture, le murailler ne laissera pratiquement jamais dépasser la preuve de sa contribution à la stabilité de l’ensemble, contrairement au maçon qui lui "expose" ses pierres "à litres"1.
En cela le bâtisseur champêtre a incorporé la règle de bonne pratique, et n’a plus besoin de se justifier.

Dans son geste d’agencement à sec, le murailler instrumentalise le principe du tas de charge : sur une pierre bien calée en trois points, il sait qu’une élévation verticale est d’autant plus stable qu’elle est lourde : « plus c’est lourd, plus ça tient » est le schéma qui anime le tas de charge.

Les notions de verticalité et d’horizontalité ne sont pas calculées à l’aide d’outils et encore moins obligatoires.


L’oblique, quand à elle, n’est ni fortuite, ni accidentelle. Le "fruit" du mur de soutènement est un geste d’opposition, de déplacement du centre de gravité.
Celui du mur de clôture au contraire, le recentre.
Quant à l'opus spicatum, lui, semble être la mémoire d’un geste de ramassage, prolongé en un geste de pose.
Ainsi, la dynamique du geste se prolonge dans la dynamique de l’objet posé (une force verticale s’ajoutant à une force horizontale) et cela jusque dans l’effet visuel produit.

Contrairement au maçon qui réalise une façade sans surprise, le murailler peut évaluer régulièrement le "coup d’œil" de son travail, avec parfois quelques artifices très simples comme de réaliser la dernière assise avant le couronnement de manière parfaitement droite2.
La répétition de son geste, parfois dans l’irrégularité, va conférer un style à l’ouvrage, souvent unique.

L’alignement, qui est réalisé par le murailler "en visée", plutôt qu’avec le cordeau de maçon, est un geste particulier, adapté à la topologie du terrain.
Il permet des formes audacieuses, ou majestueusement strictes, qui vont emmener le réalisateur aux confins de l’art et de l’artisanat.
Contrairement aux pratiques propres au bâtiment, où l’effet artistique est conçu (c’est l’architecture), le geste libéré du bâtisseur paysan nous amènera dans le champ de l’art ou de "l’artisanat brut"3.

1pierre à litre : le maçon laisse dépasser la boutisse traversante du mur. Par usage et récompense ; le maître d’ouvrage pose un litre sur le ressaut.

2 droit : cette expression, utilisée dans le bâtiment, signifie : horizontal, vertical ou à angle droit.

3en référence à l’art brut (réalisation, création de celui qui ne possède pas la culture artistique et ses codes).


Photo : Claude Jouve. Appareillage oblique du mur de clôture de la fûtaie du château. Association "Renaissance du château Pontus de Tyard de Bissy-sur-Fley".


Des rencontres à venir :


Entité administrative relevant de la loi "montagne", le Massif central s’étend sur six régions : l’Auvergne et le Limousin dans leur totalité et une partie des régions Bourgogne, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.
En tout, vingt-deux départements sont concernés.

Les limites de ce territoire sont avant tout dictées par son identité géologique.
Son socle plutonique et métamorphique (granit, schiste, micaschistes, gneiss) est un vestige du massif hercynien (ère primaire).
Le pourtour calcaire témoigne des épisodes océaniques de l'ère secondaire.
Les roches volcaniques (basalte, rhyolithe,…) sont le fruit des mouvements des plaques tectoniques qui ont "émaillé" l'ère tertiaire.
Le Massif central est donc riche en cailloux et de tout ce que l’on peut faire avec.

L’association MACEO (porteuse du projet Vivier Pierre Massif central) et l’association de muraillers auvergnats Rano Raraku coordonnent "le printemps de la Pierre sèche en Massif central" du 27 mars au 30 avril.

L'objectif de cet événement est de permettre à un large public de découvrir la technique "pierre sèche" et de sensibiliser les prescripteurs à sa mise en œuvre.

De nombreuses rencontres sont proposées à l’échelle du Massif central : visites de chantiers, démonstrations techniques, colloques, formations, expositions…

Le 9 avril 2015, une journée spéciale se déroulera à Vals-Près-Le-Puy (43).

Intitulée « Forum – Construire en Pierre sèche Aujourd’hui », cette journée est organisée pour un public de prescripteurs (collectivités, architectes, urbanistes, paysagistes, bureaux d’étude, et associations du patrimoine…) et animée par des spécialistes (juristes, ingénieurs, architectes, artisans, acteurs de la formation ).

Cette journée de rencontres a pour objectif de répondre de manière concrète et opérationnelle aux interrogations de chacun.

DECOUVREZ
l'avant programme du "printemps de la Pierre sèche en Massif central"


ENQUÊTE Prescripteurs / Maîtres d'ouvrages
(élus, juristes, ingénieurs, architectes, artisans,
acteurs de la formations et associations du patrimoine)

Afin d’identifier au mieux les problématiques, merci de répondre
à un questionnaire en ligne (6 min maximum).

Le résultat de cette enquête permettra d’affiner le contenu des différentes interventions pour une plus grande pertinence.


Vous êtes un acteur de la pierre sèche sur le territoire du Massif central,
vous souhaitez participer au "printemps de la Pierre sèche",
contactez Emilie Taurand.


La citation de la saison



Découvrez ou re-découvrez les saisons passées de "Pierres qui roulent..."

Rédaction: Association "Laviers & Muraillers de Bourgogne"
Matriçage: Martin Muriot
Conception Graphique: Johan Mary
Janvier 2015 - Tous droits réservés

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