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Association des Artisants Laviers & Muraillers de Bourgogne - Pierres qui roulent, notre bulletin d'information.

Saison 12 / L'Automne. Edito-poème 2.0

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Terre-mère,
Ciel-père,
Chaud-froid,
Intérieur-Extérieur,
Abri-Maison-Cabane,
Bâtir-Construire-Couvrir,
Protéger-Resssentir,
Toucher-Ecouter-Vibrer,
Naître-Grandir-Mourir.

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Bonne lecture...

Vie, mort et renaissance des cabanes en pierre sèche

Les nombreuses murailles et cabanes en pierre sèche qui parsèment les friches du désert français sont le conservatoire en plein air des techniques de construction à sec élaborées et perfectionnées par de petits propriétaires ruraux et urbains, principalement lors du
"siècle d’or"; de l’architecture de pierre sèche.

Depuis les défrichements encouragés par les édits royaux à la fin de l’Ancien Régime jusqu’à la création de vignobles commerciaux sous le Second Empire en passant par le lotissement des communaux villageois après la Révolution, la création de champs et de cabanes alla bon train, poussée par la faim de terre liée à une démographie galopante ainsi que par les débouchés procurés par l’amélioration des voies de communication.

Des techniques de couvrement empruntées aux architectures savantes, furent librement adaptées à la création d’un outil de production et d’un habitat saisonnier par ces nouveaux défricheurs-bâtisseurs, brusquement confrontés aux énormes masses de pierre livrées par la barre à mine : ainsi l’omniprésente voûte d’encorbellement, ingénieusement combinée à l’inclinaison des corbeaux vers l’extérieur ; les déclinaisons rustiques de la voûte et de l’arc clavés ; les subtils systèmes de décharge au-dessus des entrées.

Des murs sans une once de mortier, mais aux pierres agencées avec soin de façon à supporter des voûtes de plusieurs dizaines de tonnes, furent mis au point dans le même temps.

À partir de 1880, le mouvement de construction commença à décliner sous les coups de l’exode rural et des maladies de la vigne, pour s’arrêter après la Première Guerre mondiale, dans des campagnes vidées de leur population mâle.

À peine un demi-siècle plus tard, dans les années 1970, le savoir-faire des bâtisseurs de l’âge d’or – que certains aujourd’hui qualifient naïvement d’"ancestral"; – était déjà perdu lorsque, chez les générations de la guerre et de l’après-guerre, se fit jour un intérêt non seulement pour l’étude et la préservation des vestiges matériels où ce savoir-faire s’était concrétisé mais aussi pour la redécouverte et la vulgarisation des techniques de la pierre sèche avec les premiers projets et essais de construction expérimentale.

Cet intérêt se renforça peu à peu, de 1980 à 2000, par la multiplication de stages d’initiation et de restauration pour déboucher sur la publication de manuels dans la première décennie du XXIe siècle.

Désormais, l’engouement pour "la pierre sèche" gagne un public croissant : particuliers restaurant murs ou cabane sur leur propriété ; associations balisant un "sentier des cabanes en pierre sèche" sur leur commune ; municipalités édifiant une réplique de cabane en pierre sèche devant la mairie ou dans le jardin communal ; artisans-maçons et paysagistes construisant des murs en pierre sèche à la demande.

Mais souvent la bonne volonté et l’amateurisme priment encore sur le respect des règles de l’art, aussi est-il important de proposer aux intéressés un manuel qui réponde à leurs besoins et leur épargne des erreurs (qu’aucun ciment ne viendra rattraper) en leur donnant les rudiments de la spécialité et en leur signalant les pièges à éviter.

Si désormais l’acquisition des techniques de la pierre sèche est à la portée du grand public, il faut toutefois savoir que les seules choses qu’un manuel ne dispensera pas, ce sont ces ingrédients essentiels que sont le temps, la persévérance – et surtout la pierre, indispensable en grande quantité.

Quant aux vestiges du "siècle d’or", aujourd’hui en mauvais état et se réduisant en peau de chagrin, ils peuvent encore être, pour un temps, une source d’inspiration pour les tenants d’un aménagement humanisé et harmonieux des paysages.

Christan Lassure,
Centre d'Etudes et de Recherches
sur l'Architecture Vernaculaire

(CERAV)


Photo : Restauration d'une portion du parement extérieur de la cadole dite "du Père Michel" à Montceau-Ragny (71) par Martin Muriot.


Franchir le vide

La cabane, en tant qu’abri, se doit d’offrir la protection d’un toit à son utilisateur.

Etant donné le contexte historique et géographique des cabanes de pierre sèche, la pierre reste le matériau quasi exclusif pour recouvrir l'espace délimité par les murs.

Si certaines de ces cabanes ont pu être couvertes par une ou plusieurs grandes dalles, la plupart d’entre elles on vu la mise en œuvre d’une voûte en encorbellement pour assurer leur couvrement.

Une voûte en encorbellement est constituée d’une succession de "corbeaux", d’où son nom.
Un corbeau est une pierre dont la majeure partie est prise dans la maçonnerie et l’autre partie est en saillie du mur, ce qui permet de créer un appui qui sort de l'aplomb du mur.

Le corbeau franchit donc un pas dans le vide, selon la technique du "porte-à-faux" en transmettant la charge au mur porteur.

D’une assise à l’autre, tel un escalier inversé, les corbeaux se succèdent jusqu'à parvenir au centre, où une pierre sommitale vient fermer la voûte.

La bonne tenue de ce type de voûte est dûe à une juste répartition des deux parties du corbeau sur sa surface de pose.
Cette répartition est un compromis entre la notion de stabilité (pour garantir l’ouvrage) et celle d’efficacité (pour franchir le vide).

Pour renforcer cette statique, il est indispensable de charger, par le poids d’une maçonnerie, l’arrière des corbeaux.

Selon les cas, la voûte peut jouer le rôle de support à une couverture ou bien remplir elle-même cet office.

Pour cela, les corbeaux sont posés avec une légère inclinaison vers l’arrière, leurs faces latérales toujours décalées d’un rang sur l’autre, garantissant ainsi l'étanchéité du toit protecteur.


EN SAVOIR PLUS
sur les corbeaux et encorbellements.

LIRE UNE ETUDE THEORIQUE
sur le fonctionnement mécanique d'une voûte en encorbellement.



Photo : Jean Duriaud. Vue de l'intrados de la cadole n°2, cise sur la commune de Mancey, près de Tournus (71), inventoriée par la Société des Amis des Arts et des Sciences de Tournus.


Une cabane est sauvée


Le village de Saint-Clément-sur-Guye, situé au centre du département de Saône-et-Loire, bénéficie d’un riche patrimoine avec ses deux menhirs, son cimetière mérovingien, son église romane (l’une des plus anciennes du département) son château de l’Effondrée, ses deux anciens moulins à vent et un habitat rural relativement bien préservé.

Sur la colline de Saint-Clément, ont été également recensées, dès la fin des années 1970, plus d‘une quarantaine d’anciennes cabanes en pierre sèche. Dans la langue vernaculaire du sud de la Bourgogne, les cabanes sont nommées « cadoles » .

L’une d’elles, située à l’entrée d’un champ, présentait un état de délabrement avancé et risquait de disparaître rapidement.

Cette cabane se présente sous la forme d’un appentis couvert d’un toit à une seule pente. Une vaste dalle d’un seul tenant couvre les deux tiers de l’édifice, s’appuyant sur le mur gouttereau-façade et les pignons. La dalle, épaisse de 7 à 8 cm, a son égout rainuré d’une rigole pour l’évacuation des eaux de pluie.

En septembre 2013, l’Association de sauvegarde et de mise en valeur de Saint-Clément-sur-Guye propose à la délégation départementale de Saône-et-Loire de l’association Maisons Paysannes de France , d'organiser en commun un stage d’initiation à la construction à pierre sèche. La restauration de la cadole devait pouvoir être réalisée dans ce cadre.

Le stage se déroule donc au cours de quatre week-ends en juillet et en août 2014. L'encadrement des stagiaires (19 participants au total) est assuré par Joël Jannet, artisan de l’association Laviers & Muraillers de Bourgogne.

Précédemment, la végétation est ôtée. Un échafaudage est installé afin de suspendre la grande dalle qui couvre en partie l’édifice.
Le maintien en suspension grâce à trois sangles permet d’éviter une opération de dépose et de relevage qui aurait pu s’avérer difficile en raison du poids de la grande pierre et périlleuse parce que celle-ci avait une épaisseur variable et pouvait se révéler fragile.

La première phase consiste à démonter entièrement les murs jusqu’au niveau du sol du champ, la cadole étant en partie enterrée.
Les pierres mureuses sont triées et disposées en rangées. Les pierres d’angle, bien taillées et relativement grandes, sont mises de côté, ainsi que celles, suffisamment longues, qui doivent servir de boutisses traversantes (pierres dont la longueur est supérieure ou égale à la largeur du mur).

Le remontage des murs est l’exercice pédagogique par excellence. Il permet de comprendre le fonctionnement mécanique d’un mur bâti à pierre sèche.
A l’issue du stage, Joël Jannet termine le couvrement de la cadole avec des laves (lauzes calcaires), dans le prolongement de la grande dalle.

Ce stage d’initiation à la construction en pierre sèche a atteint ses objectifs puisqu’il s’agissait, à la fois de sauver un élément du patrimoine et de transmettre un savoir-faire aux participants, dont certains ont, depuis, reconstruit chez eux des murs en pierre sèche.


Résumé de l’article
"Le sauvetage de la cadole du chemin des Moulins à Saint-Clément-sur-Guye"
de Georges Fouchet paru dans la revue
Images de Saône-et-Loire n° 183, septembre 2015.



Photo : Georges Fouchet. La cadole du chemin des Moulins à St-Clement-sur-Guye après restauration.


Une cabane à construire

La cabane de pierre sèche n'appartient pas qu'au passé.
Objet symbolique autant qu'oeuvre architecturale, construire aujourd'hui une cadole peut s'inscrire dans une démarche culturelle pertinente.

Le lycée de l’Horticulture et du Paysage de Tournus porte le projet au long court
du « Verger écologique ». (Voir "Pierres qui roulent…" Saison 10)

Ce projet comporte des ouvrages en pierre sèche: un mur de clôture, réalisé progressivement dans le cadre de séances d'initiation pédagogiques où de stages de formation, et une cadole, figure emblématique du paysage bourguignon.

La forme de cette cadole s'inspire de cadoles existantes dans les environs de Tournus.

La pierre est déjà sur place. Il ne reste qu’à former une équipe de valeureux muraillers.

Avis aux amateurs de pierre sèche ! Un chantier-école est à prévoir.

Si ce projet vous intéresse, contactez-nous !

A titre d'exemple, un projet similaire dans un lycée du paysage autrichien.


Photo : Jean Duriaud. Cadole n° 36, les Brosses-du-Bas à Charmes, commune de Mancey, près de Tournus, inventoriée par la Société des Amis des Arts et des Sciences de Tournus. Cette cadole pourrait servir de modèle pour celle en projet au sein du Verger écologique.


La cabane, figure géopoétique de l’architecture

Tout architecte qui s’est engagé sur les chemins de la géopoétique, la poésie de la terre, est conduit un jour ou l’autre à s’interroger sur la relation que l’architecture entretient avec le topos, ses manifestations, ses respirations.

Par définition, le mot cabane signifie « petite maison » dans ses origines latines puis italiennes et provençales.

Les théoriciens de l’architecture que sont Vitruve, durant l’Antiquité, et le père Marc-Antoine Laugier, au siècle des Lumières, considèrent la cabane comme un archétype de l’architecture.

La construction d’une cabane, première confrontation de l’enfant avec l’art d’édifier, n’est pas un acte ordinaire mais véritablement l’expression d’une liberté créatrice, d’un imaginaire, d’une adaptation avec les contraintes du milieu social, spatial et temporel.

Les cabanes de pierre sèche, anciennement liées aux activités agro-pastorales, jouent bien dans leur fonction première d’abri le rôle protecteur de la « petite maison ».

Ces cabanes ont aujourd’hui perdu leur usage initial.
Eloignées techniquement de la cabane de l’enfance, elles en sont cependant l’évocation, touchant l’émotionnel d’un grand nombre de personnes.
Ce qui, de fait, impulse un effet mobilisateur garantissant leur sauvegarde.

Ces cabanes sont devenues des objets symboliques contenant une forte charge poétique.


Les cabanes de pierre sèche existent là où le sol est en mesure d’offrir le matériau nécessaire à leur construction.

A ce titre, ces architectures entretiennent avec le contexte environnemental une relation très étroite, une intelligence.

On peut voir dans ces constructions comme une réorganisation locale du sol qui leur tient lieu de support.

Bâties par empirisme (cette lente sélection des caractères qui s’avèrent utiles), la technique constructive de ces cabanes ne tend pas vers l’innovation mais vers la reproduction et adaptation de la technique à des situations changeantes.

La cabane est l’objet le plus simple d’accès dans lequel se rencontrent la sensibilité du constructeur et les éléments liés à la géographie.
C’est ce qui va influencer sa forme, sa façon de s’adresser à un site précis : topographie, direction des vents et des pluies...

Toutes ces données du cosmos sont lisibles dans ces architectures.

D’après
"La cabane, figure géopoétique de l’architecture" de Jean-Paul Loubes,
in Cabanes, cabanons et campements, ouvrage collectif, édition S.E.H.

A lire également du même auteur:
Traité d'architecture sauvage, manifeste pour une architecture située,
éditions du Sextant.


Photo : Jean Duriaud. Cadole n° 34, les Brosses-du-Haut à Charmes, commune de Mancey, près de Tournus, inventoriée par la Société des Amis des Arts et des Sciences de Tournus.


Ma Cabane

Ma cabane, c’est ma création:
Je la bâtis seul. Elle naît de moi. Chaque partie est mon œuvre.

Faite de pierres
de branches
de draps
de planches
et d'objets divers,
laissée vide ou bien meublée
décorée,
pleine de secrets et de trophées,
peu importe, elle est unique.
Il n’y en a pas deux comme elle.

Construire ma cabane c’est d’abord l’inventer.
C’est faire œuvre créatrice.

Ma cabane, c’est moi :
A l’origine de ma cabane, il y a mon désir de m’abriter,
de me protéger,
de m’isoler,
pour m’autonomiser.

M’autonomiser, c’est me séparer de la dépendance:
De mes parents, de la société.
Pour être qui je suis, fondamentalement, naturellement,
c’est-à-dire "avec la nature".

Dans ma cabane, la luxuriance et la beauté de la nature sont mes alliées et mes muses.

Dans ma cabane, je suis dans mon for/fort intérieur.
Ma cabane, c’est mon intimité.
Je peux y raconter toutes les histoires que je veux, terribles ou mirifiques.

Enfant, personne ne m’y voit.
N’y entrent que ceux que j’y invite, fussent-ils mes parents,
qui vont alors devoir se plier à mes règles :
« Asseyez-vous là, faites ceci, faites cela, ne touchez pas à ça…».

Dans ma cabane, je suis un adulte.
A la maison, se construit ce que l’on fait de moi,
dans ma cabane, je construis ce que je vais faire de moi.

Ma cabane, c’est le monde que je me choisis pour grandir, seul, à l’abri,
créatif et débarrassé des règles de la société.
C’est là où je rêve de la personne que je vais devenir.

Ma cabane est à mon image, vivant, libre,
débarrassé de mes oripeaux parentaux et sociaux.

Ma cabane, c’est ma ressource fondamentale d’être humain qui bâtit, qui crée,
qui apprend à se protéger et qui s’enthousiasme de ses capacités.

Mathé Kaufmann , Gestalt-thérapeute


Illustration : Mathé Kaufmann, "Ma dernière cabane végétale avant l'automne", crayons de couleurs. Collection particulière.

Le livre des cadoles

Cet opus de Michel Bouillot nous offre une belle et précieuse étude des cabanes de pierre sèche de la Bourgogne méridionale.

A travers plus d’une centaine de dessins (en situation, plans et coupes) agrémentée de légendes précises, ce livre s’organise en une douzaine de chapitres thématiques (Les cadoles hospitalières ; Le mot et la chose ; Sites, environnements, nature ; Les cadoles dans les vignes ; Cadoles enfouies ; Murs, murgers et chemins ; Cadoles isolées ; Cadoles adossées ;…).

Les textes d’introduction de ces chapitres sont de véritables concentrés d’études sur le contexte historique et sociologique de ces architectures vernaculaires.

EN SAVOIR PLUS



Photo : Couverture du livre "Les cadoles de Bourgogne du Sud", éditions Foyers Ruraux de Saône-et-Loire.


La citation de la saison

L'ECHO DES CAILLOUX... l'actualité du réseau




VENDREDI 20 NOVEMBRE

Les Rencontres du Grand Site de France


Solutré Pouilly Vergisson

"Un site d'exception,

une opportunité

pour tout un territoire."


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LE PROGRAMME

LE BULLETIN D'INSCRIPTION





SOUSCRIPTION
pour la réalisation du film

« Gestes de pierre » (dvd)

Ce film documentaire porte sur les gestes de la construction en pierre sèche.

Il décrit le déroulement d'un chantier
de restauration d'un mur de soutènement d’une terrasse de culture.

Il permettra la découverte et
la transmission des savoirs-faire vernaculaires à l'intention
de publics divers:
institutions, associations, formation professionnelle, artisans, agriculteurs, particuliers en démarche d’auto-construction, curieux intéressé par la pierre sèche.

Dossier de présentation du film.







SYNTHESE DU FORUM:
"Construire en pierre sèche aujourd'hui"


Ce forum était organisé à l’intention des prescripteurs pour répondre de manière concrète et opérationnelle à leurs interrogations, notamment grâce aux ateliers animés par des professionnels.


Cette journée était également l’occasion de rassembler les professionnels de la pierre sèche pour échanger sur leurs expériences et leurs besoins.


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EN LIBRAIRIE:

PARIS MARAIS 43


Photographies inédites du quartier
du Marais à Paris durant l'Occupation.

L'architecte Patrice Roy enquête
sur ces photographies, en donne
une description architecturale très précise,
invitant le lecteur à regarder
attentivement les images à travers ses gloses: décrire, observer, imaginer...


Voir la fiche de présentation

Découvrir un extrait



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Conception, rédaction (sauf mention contraire) et mise en page: Martin Muriot

Conception graphique, assistance en code source et infographie: Johan Mary

Production: association "Laviers & Muraillers de Bourgogne"
Tous droits réservés - Novembre 2015

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