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Association des Artisants Laviers & Muraillers de Bourgogne - Pierres qui roulent, notre bulletin d'information.

Saison 11 / L'Eté - Edito

L’été calendaire s’achèvera au moment de l’équinoxe d’automne.

Point de passage d’une saison à l’autre, cet instant d’équilibre marque le cycle du temps, rythmé par la rotation de la Terre.

C’est à l’approche de cette période, que chaque année, ont lieu les Journées Européennes du Patrimoine.

Le patrimoine, au sens étymologique, signifie "l’héritage du père".

Dans son acception contemporaine, il désigne les biens matériels et immatériels, naturels ou culturels, dont la valeur attribuée mérite d’être transmise de génération en génération.

La notion de patrimoine interroge l’individu, dans son rapport au passé, à l’histoire, à travers les traces visibles que le temps a laissé.

La notion de patrimoine, rendant chose précieuse, incombe à l’héritier la tâche de protection et de transmission.

Dans notre monde globalisé, l’activité humaine menace l’équilibre de la planète.

La notion de "matrimoine", qui nous obligerait à prendre soin de notre héritage commun, la Terre mère, est plus que jamais d’actualité.

Bonne lecture.

Les Climats de Bourgogne, Patrimoine Mondial de l'UNESCO


Le 4 juillet 2015, les Climats de Bourgogne ont été inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Cette inscription va générer un ensemble de mesures de protection des éléments constitutifs de l’identité du vignoble, parmi lesquels les murs de pierre sèche, meurgers1 et cabottes2.

Par leur visibilité dans le paysage et leur rôle dans la lutte contre l’érosion, les murets et meurgers jouent un rôle clef dans la constitution et la conservation du vignoble bourguigon.
Nombre d’entre eux sont aujourd’hui en très mauvais état ou enduits de ciment, avec des conséquences tant visuelles qu’écologiques.

Dans le cadre de la candidature, le Conseil départemental, le Pays Beaunois, la Fondation du Patrimoine et l’Association des Climats de Bourgogne, se sont fédérés pour constituer le «Fonds climats», destiné à apporter un financement à la restauration du patrimoine de la Côte.
En 2014, 70 000€ ont été débloqués pour financer neuf projets. Lors de la Semaine des Climats 2015, une cabotte, un meurger et un muret ont été restaurés à Pernand-Vergelesses avec un financement partiel du Fonds Climats, signe de l’attention portée à ce patrimoine.
Ces initiatives, aussi importantes soient-elles, ne suffisent pas à enrayer le phénomène global de dégradation et de disparition des murets.

L’Association des Climats souhaite donc profiter de l’inscription pour enclencher une dynamique de restauration.
Un inventaire est effectué sur l’ensemble du site classé de la côte méridionale de Beaune.
Le repérage systématique des éléments bâtis selon les techniques traditionnelles de construction à pierre sèche conduit à identifier les zones les plus densément pourvues pour des campagnes de restauration à grande échelle.

Matthieu Chevalier, Responsable de l'Inventaire du Patrimoine bâti de la Côte,
Association pour l'Inscription des Climats du Vignoble de Bourgogne.

1 tas d’épierrement parementés
2 cabanes bâties à pierre sèche



Photo : Johan Mary. Entrée d'un fameux climat de Bourgogne. Le Clos des Epenots offre un Pommard 1er Cru vinifié par le Domaine du Château de Meursault (Côte-d'Or).

La technique "pierre sèche",
Patrimoine Immatériel de l'Humanité


Pour une candidature transnationale des savoirs et savoir-faire de la pierre sèche au label "Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité" de l’UNESCO.

La recherche sur la pierre sèche compte, au niveau mondial, un siècle et demi de travaux dans diverses disciplines : technologie et ingénierie, sciences de la nature, sciences humaines.

Depuis 1997, l’association S.P.S. (Société scientifique internationale pour l’étude pluridisciplinaire de la Pierre Sèche) perpétue les congrès biannuels sur ce thème et maintient le lien entre tous les acteurs du secteur : chercheurs, artisans, aménageurs, associations, particuliers.

Tous les spécialistes constatent la fonction emblématique des ouvrages en pierre sèche, dans un paysage donné, et leur rôle de vecteur pour représenter les valeurs environnementales et culturelles.

Le danger de disparition du savoir-faire lié à ces constructions est régulièrement souligné.

En effet, locale et paysanne (dans le sens de "des gens du pays"), la technique de bâtir à sec est utilisée à toutes les époques et sur tous les continents, pour aménager des territoires sur lesquels la roche affleure.

Construction manuelle, employant des pierres locales, peu façonnées et agencées sans liant, la technique pierre sèche constitue un moyen d’ordonnancer l’espace.
Ceci, en utilisant au mieux les ressources en présence : configuration du terrain, matériaux disponibles, potentialités des sols, compétences humaines.

Toutefois, l'habileté constructive et le sens esthétique des bâtisseurs empiriques, contribuent à transformer certains ouvrages, et aménagements, en marqueurs culturels, en symboles qui expriment des identités territoriales et qui qualifient des productions régionales : vignobles, oliveraies, jardins d’agrumes, pâturages, etc.

Devenue artisanat à part entière, la technique « pierre sèche » intègre les enjeux et les objectifs d’aménagement et de développement des territoires ruraux.

Ces initiatives ne compromettent pas la qualité ni l’adéquation spatiale et sociale des constructions si celles-ci ont lieu au sein de territoires conscients de leur filiation.

Pour garantir cette reconversion en souplesse, la labellisation des savoirs et savoir-faire, en tant que patrimoine commun partagé, joue un rôle décisif.

Dans cette optique, l’inscription des savoirs et savoir-faire "pierre sèche" au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité est un projet pertinent.

La démarche de la SPS soutient la position qui rend obligatoire l’usage de la seule et véritable technique « pierre sèche » sur les territoires classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO qui présentent ces types d’ouvrages.

L’objectif étant que ces territoires inscrits se portent garants de maintenir en vie le savoir-faire lié aux ouvrages qui leur sont caractéristiques.

En France, la récente inscription des Climats de Bourgogne est l’occasion de mettre en œuvre une démarche d’exemplarité dans la qualités des travaux de restauration, afin d’exclure de ce territoire la « pseudo-pierre sèche » (ouvrage en béton habillé d’un parement de pierres à joints vifs).

Ada Acovitsióti-Hameau, Anthropologue, Secrétaire générale de la S.P.S.


Lire l’article dans sa version intégrale.


Photo : Johan Mary. La technique et le geste, savoirs et savoir-faire.


Transmettre un patrimoine

Un patrimoine, qu’il soit matériel ou immatériel, a pour vocation d’être transmis, de génération en génération.

Posséder un objet patrimonial implique donc la responsabilité de faire perdurer cet objet à travers le temps.

Le savoir-faire du bâtisseur à pierre sèche, technique millénaire, apparaît aujourd’hui comme un patrimoine immatériel à sauvegarder et à transmettre.

Cette transmission est rendue possible par la mise en relation entre la personne initiée et celle qui apprend. Elle donne lieu à l’organisation d’une rencontre.

L’apprentissage de la technique «pierre sèche» passe par la prise de connaissance des divers éléments qui interviennent dans le processus de construction : la matière première, les outils, les typologies d’ouvrages et les systèmes d’organisation et d’exécution des travaux.

Ce savoir-faire constitue un patrimoine ethnologique, longtemps transmis oralement, et moyennant l’observation et l’imitation des gestes.

À cela s’ajoute aujourd’hui, une véritable démarche pédagogique structurée, incluant l'exercice de la pratique et la transmission de savoirs théoriques.

C’est ce que vous propose l’association « Laviers & Muraillers de Bourgogne » à travers son stage de formation initiale à la construction et restauration des murs de pierre sèche en zone calcaire du 1er au 4 octobre 2015.

Il a lieu au sein du Domaine St-Laurent près de Cluny, en Bourgogne méridionale (Saône-et-Loire).

RENSEIGNEMENTS, TARIFS, INSCRIPTIONS



Photo : Johan Mary. Un moment de transmission. Stage de formation initiale à la construction de murs en pierre sèche au Domaine St-Laurent, avril 2015.


Parcours du Patrimoine

La 32ème édition des Journées Européennes du Patrimoine se déroulera les 19 et 20 septembre.

Le thème de cette année est: "Le patrimoine du XXIème siècle, une histoire d'avenir".
Cette thématique illustre la diachronie de la notion de patrimoine qui s’articule autour du triptyque temporal passé/présent/futur.

L’Office de Tourisme de la Communauté de communes « entre Saône et Grosne » propose un parcours reliant différents monuments.
Chaque étape propose au public, la visite d’un site investi par des artistes et des artisans des métiers du patrimoine.

A chaque lieu, est attribué un thème : la nature et la matière, l’art et la manière, l’art de la restauration, la musique, image de vie, reflets.
Ces différents thémes illustrent notre relation à l’espace et au temps.









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LE PROGRAMME

L'AFFICHE

LE DOSSIER DE PRESSE



Photo : Martin Muriot. Un motif de palmettes parcourt une voussure du portail de l'église de Beaumont-sur-Grosne.


Le Patrimoine du Pays


La notion de patrimoine est intrinsèquement liée à la notion de territoire.

Un territoire habité, constituant une entité géographique et humaine, prend le nom de "pays".

Le cœur de la Saône-et-Loire abrite, depuis 2010, le Pays d’Art et d’Histoire (P.A.H.)
« entre Cluny et Tournus »
. Il a pour objectif l’appropriation du patrimoine par différents publics (habitants, scolaires, touristes).

Les deux villes sœurs, célèbres pour leur abbaye romane, encadrent un territoire de 69 communes marqué par la richesse de son patrimoine architectural et paysager.

Jusqu’alors isolées, une quarantaine d’associations locales œuvrant à la protection et à la valorisation du patrimoine, s’est réunie en 2011 pour créer la Fédération des Associations Partenaires du Pays d'Art et d'Histoire ; la F.A.P.P.A.H..
Son logo illustre ses ambitions : créer du lien entre les différentes associations et les représenter auprès du P.A.H. afin de le soutenir dans ses actions.

La F.A.P.P.A.H. est une force de travail, qui, à travers différentes commissions, effectue recherches et analyses autour de problématiques patrimoniales.
Elle a notamment contribué à la préparation d'un Plan de paysages.
Ce document établit un diagnostic des éléments constitutifs de ce territoire, en un mot : son identité.

Le rôle de la F.A.P.P.A.H. illustre la dimension sociale de la notion de patrimoine.
Elle incarne le principe d’appartenance d’une communauté à son territoire, à travers d’une part, la protection du paysage ("le visage du pays") et de l’autre, son architecture singulière, qu’elle soit monumentale ou vernaculaire.

Cette appropriation s’intègre au processus de « patrimonialisation », qui voit l’émergence de la notion de patrimoine comme une valeur partagée.

A l’aide d’images et de représentations, il participe à la construction de valeurs fondatrices dans l’imaginaire collectif. Elles permettent à chacun de s’identifier à une culture de référence, à son histoire.

Le patrimoine, en plus d’être objet, devient également symbole, participant ainsi à la création d’un rapport au monde.

Avec l’aimable collaboration de Mr. René Rémond, secrétaire de la F.A.P.P.A.H.



Photo : Christine Fouchet. Ouverture du chantier collectif de restauration d'une cadole, encadré par J. Jannet, à la demande de l'Association de sauvegarde et de mise en valeur de St-Clement-sur-Guye, membre de la F.A.P.P.A.H.


Une vie de Patrimoine(s) - témoignage

" À dix-sept ans, un stage d’architecture m’expédie en Normandie afin d’établir le relevé du manoir du Lieu-Déï et à Provins fouiller le sol en terre de l’église Saint-Ayoul.

Ça me plaît tant, que subitement, je veux comprendre et reconnaître le monde qui m’entoure depuis l’enfance.

Dans l’urgence, j’apprends matériaux et techniques, époques et styles, pressentant que mon existence en sera faite.
A l’instinct, ignorant alors ce qu’ils sont, je collectionne intailles* antiques et paysages d’Italie, en constitue mon patrimoine quotidien.


En 1976, mon premier emploi d’architecte est au Louvre.
La nuit, avec trousseau de clefs et lampe électrique, je traverse de salle en salle le patrimoine pictural de la France : éblouissement et respect.

En 1986, je remporte le concours signalétique des monuments historiques classés appartenant à l’État, patrimoine de tous.

À la suite, me contactent des villes d’art dont le patrimoine municipal constitue l’identité et l’apport financier touristique.

"Docere, delectare, movere" (Cicéron), enseigner, donner du plaisir, émouvoir, vingt ans durant je conçois, fais fabriquer et implante leur explication au public, du mieux que je peux.

Simultanément, je restaure pour mes clients leurs patrimoines privés.

En quarante ans d’activité mon corps s’est épuisé et fin 2015 j’arrête : patrimoine génétique défaillant… "

Patrice Roy, architecte

* minuscules pierres semi-précieuses gravées en creux pour servir de cachet.


Photo : Dominique Brisacque. Collection particulière. Patrice Roy devant le manoir du Lieu-Déï, en 1972.


La citation de la saison

... l'Echo des Cailloux ... l'agenda du réseau










Conférence

Les murs de pierre sèche
en Haute-Marne (52).

Le samedi 5 septembre.











Journées de la Pierre en Vaucluse (84):

Visites de carrières, conférences,
expo, animations,...

Les 11,12 et 13 septembre.











5ème Rencontres de la Pierre Sèche
en Languedoc-Roussillon :

« La pierre sèche revisitée,
artiste et/ou artisan».


Nouveaux usages et
applications de la pierre sèche.

Les 16 et 17 octobre.



Découvrez ou re-découvrez les saisons passées de "Pierres qui roulent..."

Conception, rédaction (sauf mention contraire) et mise en page: Martin Muriot

Conception Graphique: Johan Mary

Août 2015 - association "Laviers & Muraillers de Bourgogne" - Tous droits réservés

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